La démocratie aux oubliettes

La démocratie aux oubliettes

Tiananmen n'a pas été un accident mais l'événement fondateur d'un nouvel autoritarisme mariant capitalisme et valeurs traditionnelles, face à un Occident trop sûr de lui. Entretien avec François Bougon.

Dans La Chine sous contrôle, vous expliquez que Tiananmen marque le début de l'offensive idéologique, du réarmement idéologique du Parti communiste. A-t-on minoré les conséquences de Tiananmen ?

François Bougon. - À l'époque, les Occidentaux ont jugé cet événement à l'aune de leurs principes, ceux des droits de l'homme. Ils ont condamné la répression sanglante au coeur de la capitale chinoise, persuadés que l'histoire leur donnerait raison. Au moment où la France célébrait les deux cents ans de la Révolution française, François Mitterrand condamne : « Un régime qui, pour survivre, en est réduit à tirer sur la jeunesse [...] n'a pas d'avenir. » Les Américains ont été plus prudents, se gardant bien d'insulter l'avenir. Mais la théorie de la « fin de l'histoire » de Francis Fukuyama a nourri une certaine arrogance : nous avions triomphé du camp communiste, qui représentait un contre-modèle, et dans ce contexte Tiananmen n'étai ...

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