La décennie de l'illusion

La décennie de l'illusion

Créatives et effervescentes, convulsives et dissonantes, éprises de vitesse et de volupté, les années 1920 regorgeaient déjà des signes de la catastrophe à venir.

Elles fleurent le cuir des malles de voyage, les effluves orientaux d'Habanita, le tabac blond des cigarettes Lucky Strike « qui aident à garder une silhouette mince », se prévalait la marque américaine, désireuse de conquérir le marché féminin. Elles font un bruit de moteurs, de foxtrot et de gants de boxe sur fond de musique syncopée ou d'orgue de cinéma. Elles ont le goût du rouge à lèvres Baiser (« qui permet le baiser », disait le slogan), du cocktail italien Negroni, des pommes à l'huile de chez Lipp, dont se souvient Hemingway dans Paris est une fête. Elles sont or et argent, rose et vert poudrés, bleu persan et rouge égyptien, noires comme le frac des danseurs de tango, le maillot de Musidora et le jeudi de Wall Street.

Robes-chemises, nuques tondues

« C'est l'époque nègre, l'époque jazz, celle de la robe-chemise, des nuques tondues, du cubisme apprivoisé, des audaces sexuelles, des actes gratuits », résume André Fraigneau. Rêve, révolte ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

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