Marché littéraire : la culture du compromis

Marché littéraire : la culture du compromis

Pour être publiés et bénéficier de postes bien rémunérés, les écrivains en vue doivent savoir s'autocensurer sur certains sujets. Sauf à payer leur engagement par l'exil.

en 2012, lors du 70e anniversaire des « Causeries de Yan'an », les éditions Zuojia chubanshe ont publié un livre mémorial où cent écrivains, parmi lesquels Mo Yan, Chi Li, Jia Pingwa, Su Tong, Han Shaogong, Wang Meng, Chen Zhongshi, Feng Jicai, et bien sûr Tie Ning, la présidente de l'Association des écrivains, ont recopié à tour de rôle une partie du texte des célèbres « Interventions de Mao Zedong », qui consacraient pour les décennies à venir la dépendance des intellectuels à l'égard du Parti communiste, lequel était alors encore loin de dominer toute la Chine. Comment ont-ils pu se prêter à l'exercice ? Cette attitude à bien des égards incompréhensible est symptomatique du modus vivendi qui s'est établi entre les écrivains et les dirigeants de l'État : un pacte de non-agression, qui ne va pas sans concessions de la part des premiers.

Depuis sa fondation, la République populaire de Chine a entretenu avec les intellectuels des rapports contradictoires qui ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

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