La cour des mirages

La cour des mirages

Instable jusque dans son nom, Yasmina Khadra Mohammed Moulessehoul de son identité première brouille volontiers les pistes littéraires. Après le grandiloquent Ce que le jour doit à la nuit éd. Julliard, 2008, le romancier signe une curiosité en forme de fable. L'Olympe des Infortunes est un terrain vague, hors du temps et du monde, coincé entre la mer et une décharge publique. C'est là qu'échouent les éclopés, ceux que la ville-ombre a vomis : Haroun le Sourd, Bliss et ses chiens, Dib l'épave... Des êtres décentrés, authentiquement marginaux, libres dans la puanteur et l'ennui. À côté des soûlards, vivent Ach le Borgne, dit « le Musicien », et son protégé, Junior le Simplet. Entre eux, un amour total, qui élève autant qu'il asphyxie : « Il faut que tu te visses ceci dans le crâne, dit Ach, ici, c'est notre Olympe, et t'es ma part d'éternité. À nous deux, nous sommes le monde. » Le sage initie l'idiot à la philosophie des Horr, celle des hommes sans attaches, refusant la mendicité. S ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

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