La cour des miracles

La cour des miracles

Décrivant, à Paris, une communauté d'esthètes à la dérive, l'académicien fait la peinture d'un monde finissant : ses éclatantes épaves composent une sorte de surréalisme social. Entre Rome et Paris, passé et présent se donnent sans cesse la parole, à la faveur d'une phrase opulente et palpitante.

Sartre ne comparait-il pas les romans de Faulkner à un paysage qui disparaît à travers la vitre arrière d'une automobile ? Les livres d'Angelo Rinaldi aussi se lisent sur ce mode fugitif. Le paysage est celui d'une contrée familière à ses lecteurs ; les écrivains qui possèdent un univers se voient condamnés à l'explorer sans cesse ; s'ils en dépassaient les frontières, ils seraient comme les habitants de Shangri-La, dépouillés de leurs prestiges hors du sanctuaire magique.

Dans le pays de fantaisie dont chaque nouveau roman d'Angelo Rinaldi nous révèle une région encore inconnue, il n'est pas rare qu'un monument parisien, la rotonde de Ledoux ou les arcades de la place des Vosges, communique, par quelque affinité obscure, avec un recoin de ce continent perdu qu'est la jeunesse. Le torrent au bord duquel le narrateur éprouve les premières atteintes du sentiment amoureux, de même que le cinéma Rialto où il retrouve celui qui en est l'objet - et qui mourra accidentellement à 18 ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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