La contingence du mal

La contingence du mal

Paul Ricoeur a consacré au mal un long travail, constamment repris, amendé et reformulé. La faute, le problème de l'aveu, la nature du mal, le coupable et le capable : autant de thèmes explorés.

«Pour l'action, le mal est avant tout ce qui ne devrait pas être, mais doit être combattu » 1. En dépit de son apparente trivialité, cet énoncé résonne comme une conclusion au long travail, constamment repris, amendé et reformulé, que Paul Ricoeur a consacré au mal. La simplicité de la définition du mal en regard du problème de l'action il est ce qui ne « devrait » pas être est en effet aussi la condition d'une riposte pratique puisqu'on peut en dériver un unique impératif : « Agis uniquement d'après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps que ne soit pas ce qui ne devrait pas être , à savoir le mal » 2. Mais, en même temps, la lutte contre le mal suspend par elle seule un certain nombre de problèmes spéculatifs : pour résister au mal, il faut avoir renoncé à l'expliquer. L'action n'est à cet égard rien d'autre que ce qui postule la contingence du mal par-delà son apparence de destin.

L'approche de Ricoeur ne ...

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Grand entretien

Claire Marin © HANNAH ASSOULINE/Ed. de l'Observatoire

Claire Marin
Auteure de Rupture(s) (éd. de l'Observatoire)

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