La Confusion des lettres

La Confusion des lettres

En France, on aime à théoriser la littérature. Un livre ne se suffit pas à lui-même, il faut lui trouver un courant, lui assigner une mission, s'interroger sur sa portée. Depuis la dernière après-guerre, nous avons ainsi vécu sous la férule dogmatique sartrienne, gambadé avec les Hussards, subi les leçons d'arpenteur du Nouveau Roman, plié l'échine sous les arrêts des structuralistes, perdu de vue « les nouveaux romantiques » mort-nés... et nous en sommes aux « déprimistes », aux « moins que rien » ou à Dieu sait quoi. Aujourd'hui, Dieu remisé dans la sacristie, les idéologies et les idoles en miettes, la politique n'étant plus que le morne ressassement des problèmes économiques mondiaux et l'ultralibéralisme régnant, sinon dans les propos, tout au moins dans les faits, l'écrivain éprouve, pour citer Michel Crépu, cette « grosse difficulté française de penser et d'écrire dans le plaisir ». Affolé, il semble aspirer à se tailler un habit neuf dans une modernité polymorphe et prétend ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

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