La clandestinité d'un malade

La clandestinité d'un malade

En 1919, Marcel Proust s'excuse auprès d'un ami de ses accès d'asociabilité, dus à une santé chancelante.

Je ne vous écris qu'une ligne tant je suis malade aujourd'hui après l'avoir été sans interruption pendant un mois. Mais comme après avoir caché à tout le monde même à mon frère que j'étais venu habiter chez Jacques Porel, car je souffrais tant du déménagement que je ne pouvais ni recevoir ni écrire qu'on ne vienne pas je l'ai dit à q.q. très rares amis 2 peut-être, je veux que vous le sachiez. Mais je veux surtout que cela ne vous fasse pas croire à un devoir d'amitié q.q.conque de venir la nuit dans un quartier si éloigné, d'où je ne peux même pas vous faire ramener par le beau-frère de Céleste car sa voiture a été brisée et les ouvriers qui pourraient la réparer sont en grève ! Pour vous donner une idée de la peur de voir q.qu'un que j'ai eue, mon ami de vingt-cinq ans Robert de Billy m'a écrit qu'il était à Paris, avenue Malakoff c'est-à-dire à deux pas de chez moi. Or je ne lui ai pas répondu par peur qu'il vînt et il ne sait pas que je suis son voisin. De même pour Mme de Noail ...

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