La chronique littérature

La chronique littérature

Quand j'étais jeune, je trouvais Sollers agaçant. Ce n'était pas tant ses livres, c'était son attitude. Il était toujours joyeux, jamais désespéré. Même le nom qu'il s'était choisi, Sollers - concocté à partir de deux locutions latines, sollus, subtil, ingénieux, et ars, art, soit quelque chose comme l'artiste ingénieux, sous-entendu, à qui tout réussit -, ce nom traduisait un volontarisme solaire, snob qui plus est. Un coup de blues ? Allez, hop : deux lignes de Rimbaud, un shoot de Mozart, et ça repart ! Quoi de plus crispant que cette permanente exubérance - et quoi de plus faux ? Comment peut-on décider d'être joyeux ? Bien sûr, la question est retournable. Ouvrez un journal ou connectez-vous sur n'importe quel fil d'actualité : comment être joyeux si vous ne le décidez pas ? L'existence est tragédie, et comment la vivre si vous ne faites pas de la joie - je ne dis pas du bonheur - à la fois un combat et une arme ? « Ce qu'on ne veut pas savoir, c'est ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard