La chair est triste et lasse

La chair est triste et lasse

Menus plaisirs et viandes froides : la nouvelle ère amoureuse et son grand marché des corps inspirent à la littérature des textes tour à tour cliniques et cyniques.

Si la littérature amoureuse en France n'a pas attendu les libertins pour s'imposer, cette production, dès qu'elle a été un tant soit peu gaillarde, est restée longtemps secrète, quand elle ne s'est pas vue poursuivie ou traquée. Lecteurs, libraires, éditeurs, de facto, ont eu quelque peine à saisir, dans le feu de l'après-1968, ce que la nouvelle permissivité sociale a pu changer, et rares ont été les oeuvres de charme, téméraires, dans ces années peace and love, si l'on excepte les savoureux Mémoires de l'actrice porno Sylvia Bourdon (1976) qui, vingt ans avant Catherine Millet et avec bien plus de tranchant, sont venus dire ce que sont les pulsions des femmes qui espèrent enfin pouvoir vivre en toute liberté.

Mais voilà qu'à la fin des années 1980 le lecteur découvre sur les tables des libraires des monceaux de titres en rouge et noir avec des héroïnes en guêpière. Des livres avec de vrais passages érotiques purs quand ce ne sont pas des volumes d'une ent ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

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