La brûlure du jour

La brûlure du jour

L'atelier donne sur un bureau où trône un vieux canapé en velours rouge. Alménio s'est allongé et attend son modèle qui pose le soir en échange d'un repas et de quelques billets. Sa pipe s'est éteinte. Il tète encore l'extrémité du tuyau. C'est un geste machinal mais Alménio a l'habitude de ces gestes mécaniques. Le bras d'un tourne-disque rabattu sur un sillon fait résonner inlassablement le même tango. Cette attente trop longue, écrasée par la chaleur d'une fin d'après-midi d'été va réveiller quelques souvenirs, les débris épars du passé douloureux du vieux peintre désespérément solitaire. Un deuil difficile à passer d'abord, celui de sa femme, alors enceinte, disparue dans une inondation. Mais « on finit par s'habituer à tout ». Mieux même, cette disparition se révèle libératrice. Il commence par tenir tête à son supérieur, « ce représentant du règlement, de la monotonie et de l'ennui » avant de quitter son travail de petit employé de banque soumis à l'autorité, minable et misére ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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