La ballade des imbéciles heureux

La ballade des imbéciles heureux

Deux ouvrages dénoncent les méfaits de la « psychologie positive » et de l'injonction au bonheur. Quelle alternative ? Ne plus en faire un enjeu individuel.

il y a quelque chose de pourri au royaume des Bisounours. Tandis que prospèrent les livres de développement personnel, les dispositifs tournés vers le bien-être en entreprise, et même les études fondées sur le développement humain, l'obsession contemporaine pour le bonheur devient un signe inquiétant. Mais un signe de quoi ? Trois sociologues montent au créneau pour formuler un diagnostic : avec Happycratie, Eva Illouz et Edgar Cabanas mettent à bas les délires de la « psychologie positive », tandis que Hartmut Rosa, avec Résonance, signe sur ces ruines l'ouvrage le plus stimulant de ces dernières années.

Leur adversaire commun : la réduction des grandes questions à une sphère conçue comme individuelle, ce qui rend centrale une certaine conception du bonheur. Le philosophe et sociologue allemand appelle ce phénomène « la privatisation de la question de la vie bonne », les deux autres la « psychologisation » de nos existences. Le symptôme du malaise ...

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Grand entretien

Éric Vuillard

Éric Vuillard
« La Guerre des pauvres est une guerre qui n'est pas terminée. »