L'évaporation d'un écrivain

L'évaporation d'un écrivain

Daniele Del Giudice a été l'un des plus grands auteurs italiens contemporains. Il ne sait plus aujourd'hui qu'il l'a été. L'un de ses confrères et amis l'évoque, alors qu'est réédité en français son premier livre, Le Stade de Wimbledon, roman culte des années 1980.

je suis allé écrire ces lignes dans un bar de Venise. D'ici, au bord du bassin de Saint-Marc, je vois l'île de la Giudecca et l'édifice où Daniele est hospitalisé depuis plus de cinq ans, à côté de l'hôtel Cipriani. En forçant un peu ma vue, peut-être pourrais-je repérer la fenêtre de sa chambre. Il est là-bas, Daniele Del Giudice, il ne sait plus rien, il ne sait pas qu'en France, trente-cinq ans plus tard, Le Seuil republie Le Stade de Wimbledon, il ne sait pas que je suis en train d'écrire ce récit, il ne sait pas combien de questions j'aurais encore à lui poser, après toutes ces années. Combien je souhaiterais pouvoir continuer à l'écouter, lui qui ne peut plus parler depuis des années. Combien je voudrais le lire, lui qui ne peut plus écrire depuis des années.

Lorsque Le Stade de Wimbledon arriva en librairie, en mai 1983, ce n'étaient certes pas des queues de lecteurs qui l'y attendaient. Son auteur, jeune et inconnu, la trentaine passée de pe ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Nos livres

À lire : Révolution aux confins, Annette Hug, traduit de l'allemand Suisse par Camille Luscher, éd. Zoé