L'évangile selon françoise

L'évangile selon françoise

À cheval entre fiction et histoire, la romancière Françoise Chandernagor tente de convaincre de l'existence de Jude, frère de Jésus, qui remet en cause la virginité de Marie.

On se souvient du succès que rencontra Emmanuel Carrère, la saison dernière, en glosant sur le Christ et sur lui-même, à moins que ce ne fût l'inverse, afin d'établir en quoi chrétien, il l'avait été naguère, ne l'était plus depuis longtemps, aimerait peut-être le redevenir un jour et sans doute ne le redeviendrait jamais. Adressée à près d'un Français sur deux tributaire du même vague à l'âme qui fait concevoir l'existence comme une thérapie de l'origine, la promesse dudit Royaume tenait dans le réconfort qu'apporte l'indécision perpétuelle entre la nostalgie de l'enfance et la mélancolie de l'héritage. Autant dire l'impossible conciliation entre la poésie de soi et le prosaïsme des sources. D'où l'ambition, en forme d'esquive, de « réécrire l'histoire des débuts ». Pour entreprendre cette révision, Carrère se voulut Luc, à la fois témoin, chroniqueur et artiste, figure en cela propice à l'art de la digression qui est le sien. Cette saison, Françoise Chandernagor, plus rés ...

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