L'Éden frioulan

L'Éden frioulan

Pasolini écrit ses premières poésies en frioulan, le dialecte de sa région de coeur : dans le nord-est de l'Italie, le Frioul est la terre de sa mère, où il a passé une grande part de sa jeunesse. La variété de frioulan qu'il choisit n'est pas encore retranscrite à l'écrit : manière de s'inventer une langue, mais aussi un pays, hors du temps et de l'espace communs.

L'histoire et la signification de l'oeuvre frioulane de Pier Paolo Pasolini sont pour le moins complexes, qu'on en juge : le jeune homme (né en 1922) publie son premier recueil, Poésies à Casarsa, en 1942, à compte d'auteur, chez la Libreria antiquaria Mauro Landi de Bologne. Ce même recueil, écrit en dialecte frioulan, sera repris dans La Meilleure Jeunesse (Florence, éd. Sansoni, 1954) (1), dont il constitue la première section. En 1975, peu avant sa disparition tragique, l'homme mûr republiera telle quelle cette oeuvre inaugurale, qu'il fera suivre de sa réécriture pointilleuse, poème après poème, à de très rares exceptions près. À cette occasion, il changera également le titre de cet ensemble. La Nouvelle Jeunesse sera le titre sous lequel la première et la seconde versions seront republiées - la première conservant son titre original. Ouvrant La Nouvelle Jeunesse, nous lisons ainsi encore le titre du recueil de 1954, autremen ...

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