L'écriture, un art de l'oisiveté

L'écriture, un art de l'oisiveté

L'écriture exige un travail : la production de textes. Mais elle appelle aussi la paresse : moments de flottement, de rêveries propices à la création artistique. Il faut perdre son temps, avant de le retrouver véritablement.

Chez tout écrivain, il y a un Bartleby qui « aimerait mieux pas », ou un paresseux qui, comme L'Enfant et les Sortilèges, a envie de tout sauf d'écrire : « Je n'ai pas envie de faire ma page / J'ai envie d'aller me promener/ J'ai envie de manger tous les gâteaux [...]. » Car, Colette l'a souvent dit, écrire, c'est un travail, un bagne, une contrainte, une entrave à la liberté. Entre « apprentissages » et « travaux forcés », c'est une solitude, et un renoncement aux plaisirs de la vie dont pourtant son écriture se nourrit : « Non seulement je n'aime pas écrire, mais j'aime surtout ne pas écrire. Je ne connais pas d'autre assombrissement véritable dans ma vie. » Dans son Journal à rebours, Colette insiste ironiquement sur son absence de vocation, sa répugnance au fait même d'écrire, « car je sentais, chaque jour mieux, je sentais que j'étais justement faite pour ne pas écrire [...] Pourtant, ma vie s'est écoulée à écrire... Née d'une famille sans fortune, je n'avais appris aucun métie ...

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