Léautaud, notes salées

Léautaud, notes salées

Quoi, encore lui ? On croyait avoir eu notre comptant avec les dix-neuf tomes de son Journal, mais non, il en reste encore. De Paul Léautaud (1872-1956), nous conservons le cliché du crasseux clochard de Fontenay-aux-Roses puant le pipi de chat ; son portrait photographique par Henri Cartier-Bresson et son autoportrait radiophonique par Robert Mallet n'y sont pas étrangers ; le fait est que, en raison de cette image, on ne l'imagine guère en amant irrésistible. Il semble que l'on ait eu tort. Du moins l'intéressé s'emploie-t-il à nous en convaincre, les parties les plus intimes de son Journal en témoignent : de ce côté-là non plus, il n'était pas animé par la haine de soi. Elle se campe volontiers en grand fouteur devant l'Éternel, cette pipelette priapique qui ne décharge jamais complètement si sa plume d'oie n'en a pas rédigé le méticuleux compte rendu à la lumière d'une paire de bougies.

Ah, ce Journal ! Une bonne dizaine de milliers de pages pou ...

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