Kracauer, par éclats

Kracauer, par éclats

Devenir un piéton des perceptions et des savoirs, passer en permanence du trottoir de l'esthétique à celui de la philosophie ou de la sociologie, faire penduler ses yeux entre le caniveau et le sommet des tours : dans l'Allemagne des années 1920, plusieurs hommes furent possédés par cette volonté de saisir la culture de masse citadine, de comprendre ce qui arrivait quand bien même on sentait que le point de non-retour était passé. Walter Benjamin est le plus célèbre de ces piétons. Siegfried Kracauer 1889-1966 a lui longtemps été mésestimé et peu traduit en français. Cette lacune se comble peu à peu : l'an passé avec son recueil L'Ornement de la masse éd. La Découverte, aujourd'hui avec la traduction de sa Théorie du film, ainsi qu'une monographie retraçant son parcours. L'étude d'Olivier Agard, strictement chronologique, manquant de relief et de chair, est néanmoins informée et quadrille le réseau de références avec lesquelles Kracauer a bataillé. L'homme est à l'origine un chron ...

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