Knut Hamsun, d'exaltation en égarement

Knut Hamsun, d'exaltation en égarement

Écrivain à fleur de peau, le Norvégien visait un rapport fusionnel avec la nature. Sa vieillesse est un naufrage qui le fera dériver vers le nazisme.

Dans l'une des plus fameuses pages de Faim, publié en 1890, le Norvégien Knut Hamsun, alors jeune écrivain de 31 ans, fait dire à son personnage : « Dieu avait fourré le doigt dans mon réseau nerveux et modérément, très superficiellement, il avait mis un peu de désordre dans les fils. Et Dieu avait retiré son doigt et il y avait des effilochures et de fins fils rouges sur ce doigt, qui venaient des fibres de mes nerfs. Et il y avait un trou béant à la place de son doigt, qui était le doigt de Dieu, et une blessure dans mon cerveau sur le passage de son doigt. »

Toute sa vie, avant même de consulter un neuropsychiatre sur ses vieux jours et de contester le diagnostic des experts norvégiens qui le déclarèrent atteint de démence au moment de ses prises de position en faveur de l'occupant nazi, Knut Hamsun s'interrogea sans cesse sur les désordres psychiques. Sa grand-mère et sa mère étaient sujettes à des dérèglements mentaux ; lui-même, d'un tempérament bilieux, était à bien ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard