Kertész, le médium d'Auschwitz

Kertész, le médium d'Auschwitz

La Chronique par Maurice Szafran. Revenu d'Auschwitz, Primo Levi comprit aussitôt qu'il n'avait pas le choix : il devait écrire, témoigner, raconter, expliquer, aligner les mots pour que nous sachions - un peu.

Ce sera entre autres Si c'est un homme, chef-d'oeuvre, livre qui éclaire non pas la Shoah, cet astre noir, mais le destin des humains. Puis Levi se suicidera. Choix insupportable, à la limite de l'inconcevable pour tous ceux qui, vaille que vaille, ont trouvé un chemin en conservant ses livres à proximité.

Revenu d'Auschwitz adolescent, Imre Kertész, qui vient de disparaître, ne sut jamais rien faire d'autre qu'écrire la Shoah, qu'écrire à propos de la Shoah - Être sans destin compte parmi les ouvrages majeurs du XXe siècle. Son oeuvre (immense), couronnée du prix Nobel de littérature en 2002, fut quasi exclusivement consacrée à ce récit-là. Et pourtant il suffisait d'observer Kertész pour se convaincre qu'il incarnait l'envers de Primo Levi, cette capacité affirmée et réaffirmée à vivre, à revivre, sans en avoir honte (pourquoi ai-je survécu, moi ? l'interrogation qui taraudait chacun des survivants). Kertész ne manquait jamais de relever, avec une esquisse ...

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Entretien

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