Kenzaburô ôé, soleil touchant

Kenzaburô ôé, soleil touchant

Farouche militant antinucléaire, admirateur de Rabelais et de Céline, le Prix Nobel japonais n'a pourtant rien d'un hâbleur exubérant : il rayonne d'une humilité feutrée. Rencontre.

Il appartient à la famille des grands écrivains. Mieux, il est membre de la très enviée confrérie des Prix Nobel de littérature, et ses amis s'appellent (ou s'appelaient) Edward Said, Gabriel García Márquez, Wole Soyinka ou Günter Grass. Assis dans le salon d'un hôtel de Saint-Germain-des-Prés, où il fait escale avant de rejoindre à Lyon les Assises du roman, dont il est l'invité, Kenzaburô Ôé, 80 ans, est fidèle à sa légende : frêle et élégante silhouette, chevelure blanche soignée, et ces inévitables lunettes en forme de hublots qu'il ne quitte jamais tant il est convaincu qu'elles sont indispensables aux grands lecteurs. L'homme est courtois, affable, il répond (très) longuement, multipliant par moments incidentes et flash-backs historiques comme s'il voulait, en vrai Japonais, éluder sans être discourtois un certain nombre de questions.

Que d'interrogations suscitent pourtant la vie et l'oeuvre de cet enfant de l'île de Shikoku, immense romancier et militant intransigeant ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article

Grand entretien

Éric Vuillard

Éric Vuillard
« La Guerre des pauvres est une guerre qui n'est pas terminée. »