Kaddour, paradoxes du monteur

Kaddour, paradoxes du monteur

Pourquoi deux livres ? Au départ il n'y en avait qu'un. Était-ce par souci de distraire le lecteur et donc la crainte bien modeste de risquer de l'ennuyer, de tenter une construction audacieuse ? Hédi Kaddour avait d'abord imaginé intégrer son roman dans son journal, par fragments successifs. Ses proches amis lecteurs se plaignirent : ils aimaient le journal, ils aimaient le roman. C'était frustrant pour eux de devoir toutes les dix pages débarquer du journal où ils voguaient tranquilles pour tomber dans le roman, puis être brutalement chassés du roman auquel ils avaient pris goût pour rejoindre le journal. On ne dira jamais assez l'importance du rôle des amis proches dans la finition d'une oeuvre. Il y a des auteurs dont on voit tout de suite qu'ils ne se sont pas confiés à un ami, et c'est dommage, parce qu'un rien ôter un paragraphe de début, inverser deux chapitres aurait tout changé et rendu le livre superbe.

Hédi Kaddour a écouté les avis de ses amis. Il a extrait le ro ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard