Jusqu'à épuisement

Jusqu'à épuisement

Les amours peuvent consumer, leurs récits aussi : leur examen minutieux, par-delà l'anecdote, est susceptible de convoquer et de remettre en perspective le monde entier.

Toute tentative d'écriture est un match perdu d'avance contre l'infini. À ma gauche, l'univers et son irritante faculté d'excéder nos mesures en toutes ses dimensions ; à ma droite, l'écrivain - son talent, son stylo, ses limites, sa conscience de celles-ci - qui doit découper dans le monde l'espace de son roman, puis se limiter à des forages ciblés dans la profondeur du terrain. Il est pourtant des auteurs pour se confronter au défi d'un monde inépuisable. Aux États-Unis, ils écrivent d'énormes romans choraux parabalzaciens : des foules de personnages sont convoquées pour épuiser ce qu'était un lieu, une époque, l'esprit d'un temps : L'Infinie Comédie de David Foster Wallace, le très publicisé City on Fire de Garth Risk Hallberg, sur New York en 1977, les romans de Jonathan Franzen. En France domine plutôt l'école proustienne : on contemple l'océan qui prend source en nous et on tente de le vider à la petite cuillère.

En cette rentrée d'hiver, trois livres ...

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« La Filiale »,Sergueï Dovlatov, traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs (éd. La Baconnière)

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