Julien Gracq

Julien Gracq

Un livre naît d'une insatisfaction, d'un vide dont les contours ne se révéleront précis qu'au cours du travail, et qui demande à être comblé par l'écriture. Donc d'un sentiment absolument global, sentiment qui se colore d'emblée de projet. Ce qui fait que les parties sont d'abord dans le tout et ne s'en différencient qu'ultérieurement, au cours du travail. Dans la conception d'un livre, on trouve d'abord, et on cherche après ; c'est en quoi le mot de Picasso me semble très juste. Et c'est ce qui fait aussi que le pourquoi n'est jamais un état d'esprit d'écrivain.

Vous étiez professeur, vous ne pouviez écrire qu'à vos moments libres, ce qui impliquait des ruptures et la nécessité d'un projet.

Oui, le travail de la fiction s'étend sur des mois, parfois des années. Il y a un problème, qui est la soudure du travail du jour à celui de la veille, ou parfois du mois précédent, par-delà tout ce qui - dans l'esprit ou la sensibilité - a fait dans l'in ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

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