Joie désespérée

Joie désespérée

Paul Harding

Mourir n'est pas très compliqué : c'est souffrir qui pose problème. Rester à la surface de « cet abominable petit miracle de planète » en attendant que le mystère s'assèche. Après Les Foudroyés, couronnés par le Pulitzer en 2010, Paul Harding aurait pu tricoter une histoire consensuelle. Il a choisi le deuil, celui de Charlie Crosby, le petit-fils de feu George, héros de son livre initial. Parler d'une expérience que l'on n'a pas vécue, l'orner des atours fragiles de la fiction, est un écart que l'on ne concède aux écrivains que jusqu'à un certain seuil. Paul Harding pèche doublement : l'édification du lectorat n'est pas son truc. Il préfère la vérité. Vulnerant omnes, ultima necat. Charlie Crosby, détruit par la mort de sa fille, s'enfonce, se lamente, picole, se débat - mal. Son épouse le quitte, sans susciter chez lui de réaction particulière. Charlie se gave d'antalgiques. On est bien, au pays mauvais de la douleur et des souvenirs irréparables, à « cultiver [d ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

Nos livres

À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

Supplément web

Chaque numéro du Nouveau Magazine littéraire est complété d'articles en accès libre à lire sur ce site internet. 

MAI :

► Roberto Bolaño, et de deux : en complément de l'ensemble « Il faut relire » consacré à l'écrivain

► Entretien avec Jacopo Rasmi : avec Yves Citton, il signe l'essai Générations collapsonautes