Jocaste Vénus Marie Pasolini

Jocaste Vénus Marie Pasolini

Le prologue du film du cinéaste italien ne revendique pas seulement un soubassement autobiographique. Il donne à voir, en quelques plans, une troublante figure maternelle, incarnée par Silvana Mangano : elle tient à la fois d'une vierge chrétienne et d'une déesse païenne.

Au commencement était le sein ; voilà ce que semble nous dire Pasolini avec les premiers plans de son Œdipe roi. Par la fenêtre d'une demeure bourgeoise, le spectateur assiste à la naissance d'un bébé - un garçon - qu'on retrouve quelques secondes plus tard allongé sur une couverture, dans un pré au soleil. Il entend des voix de femmes autour de lui : sa mère (que joue Silvana Mangano) et quelques amies ont entrepris un pique-nique. Elles chantent, elles rient, on les aperçoit danser au loin. On jurerait que Pasolini vient d'inventer un été pour succéder au fameux Printemps de Botticelli. Les peupliers ont remplacé les orangers, Vénus a accouché et célèbre l'événement avec les nymphes. Comme chez le peintre florentin, la déesse de Pasolini trouble à la fois par sa sensualité et parce qu'elle possède, dans le même temps, des attributs de la Vierge. Il faut se souvenir ici que, pour les artistes florentins de la Renaissance, la beauté idéale et l'incarnation divine s ...

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