Je thèse, moi non plus

Je thèse, moi non plus

Quand les écrivains se lancent dans une thèse, ils défient ou déçoivent souvent les attentes de la faculté.

Alors que les écrivains s'enorgueillissent de leur mépris pour l'université (« Tout finit en Sorbonne », lançait Valéry), nombre d'entre eux ont pourtant rédigé des thèses : telle est la contradiction qui fait l'objet du joli essai de Charles Coustille. De la « dynamique anti-universitaire » qui se construit au XIXe siècle aux réconciliations contemporaines, il propose une relecture de l'histoire littéraire.

On imagine sans peine les ambitions académiques de Renan et de Taine, mais la réflexion de Mallarmé sur une science du langage qui aurait voulu être une thèse et aboutit à 29 feuillets de formules hermétiques est un objet sans équivalent, plus proche du poème Igitur que des « monographies purement descriptives », ainsi que Jules Ferry juge les thèses de ses contemporains. Mais la véritable « antithèse », c'est celle de Péguy, où il s'agit « d'attaquer la Sorbonne de l'intérieur ». Ses Notes pour une thèse s'en prennent avec véhémence à la scienc ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard