Des étudiants japonais vont suivre des cours de littérature donnés par un robot

Des étudiants japonais vont suivre des cours de littérature donnés par un robot

Les élèves de l’université de Nishogakusha seront en mesure d’écouter les cours de littérature d’un des plus grands auteurs japonais du siècle dernier, Soseki Natsume (1867-1916). L'androïde aura l'apparence de l'auteur et la voix du petit-fils de l'écrivain défunt.

La nouvelle a remué internet, et pour cause, puisqu’elle incarne l’avancée fulgurante de la technologie. Soseki Natsume, auteur, entre autres, de Je suis un chat, ou de Pauvre cœur des hommes (éd. Gallimard), a marqué la littérature japonaise. À tel point que l’université de Nishogakusha, où il a étudié et enseigné, confectionne un androïde à son effigie, avec l’aide du spécialiste Hiroshi Ishiguro. Les chercheurs stockent en ce moment même des milliers de données dans la mémoire de l’androïde, tirées des textes du fameux écrivain, qui a abondamment publié dans le journal Asahi Shimbun.

Le robot aura le visage de l’auteur, et une voix quasi-similaire, grâce à la contribution de son petit-fils, Fusanosuke Natsume, qui lui prêtera la sienne. En position assise, comme la plupart des machines humanoïdes aujourd’hui – bien que la technologie avance , certaines difficultés font encore obstacle aux scientifiques, qui ne parviennent pas à faire se mouvoir les robots de la même manière que leurs créateurs – ce double de Soseki Natsume devrait être capable d’enseigner la littérature aux étudiants, mais aussi de répondre à leurs questions et d’échanger avec eux sur de nombreux sujets.

Le professeur à moteur de 130 centimètres de hauteur devrait débuter ses cours en fin d’année, afin de célébrer le centenaire de la mort de Soseki Natsume, le 9 décembre. Le projet peut faire peur, puisqu’il fait franchir à l’humanité un nouveau pas dans le monde de la technologie. Mais peut être est-il trop ambitieux. Hiroshi Ishiguro, le spécialiste de la robotique, est célèbre pour ses créations réalisées à son image, qu’il appelle « geminoid ». Celles-ci peuvent répondre à des questions simples, comme « D’où venez-vous ? », mais détournent le sujet lorsqu’elles se complexifient. De là à répondre à des étudiants en littérature… Attendons le mois de décembre pour être surpris.

Amélie Cooper

Photo : Soseki Natsume ©DR

 

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