Istvan arrive par le train du soir

Istvan arrive par le train du soir

Le roman d'Anne-Marie Garat commence comme un roman policier, avec la mort du voisin près de son clapier à lapins, la visite de l'inspecteur de police au petit matin, l'arrivée inopinée d'un ami hongrois qu'un inconnu à l'écharpe rouge tente de précipiter dans la Seine. Le narrateur, Joseph, est plein d'interrogations sur ce qui l'entoure. Mais c'est la réalité de la vision qui lui pose problème, la construction des images et des souvenirs. Le trouble vient dès les premières pages du roman, quand Joseph constate que, pendant huit jours, il a vu par la fenêtre de sa cuisine le cadavre du voisin, couché sur le ventre et recouvert de feuilles, sans pourtant le voir, sans l'identifier comme tel : un homme, un corps, un mort. Car l'image se construit, se fabrique pour qui « sait ce qu'il veut voir ». Anne-Marie Garat montre ici la mobilité des images, et leur fragilité face à un langage qui tend à les figer et à s'y substituer : « Dire revient à altérer ce qu'on a vu ; à convoquer la vis ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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