Harangue aux imbéciles

Harangue aux imbéciles

Dans La France contre les robots (1944), l'écrivain catholique Georges Bernanos décrit de façon prémonitoire,et en injuriant ses lecteurs, les ravages présents et futurs du « machinisme ».

« Dieu vomit les tièdes. » Cette malédiction biblique, Georges Bernanos aura toujours pris garde d'y échapper : pas une ligne de ses écrits, vindicatifs, éruptifs, ne peut être taxée de tiédeur. En témoigne Scandale de la vérité, recueil de ses écrits polémiques. On y trouve, à l'exception de La Grande Peur des bien-pensants, exclue pour ses relents antisémites, Les Grands Cimetières sous la lune, qui signent le passage de disciple de Maurras, de Drumont et franquiste convaincu, à la cause des républicains espagnols. On peut y lire aussi La France contre les robots, où d'aucuns ont vu une prémonition des ravages de la technologie et, avant son apparition, de ceux de l'intelligence artificielle.

Rédigée en 1944 à Rio de Janeiro (Bernanos avait choisi l'exil en 1938, dégoûté par les accords de Munich), cette adresse bouillonnante de colère contre le machinisme éradicateur des « âmes » bouscule son lecteur, toujours qualifié d'« imbécile ». Le ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard