Inégalités : le débat reste inégal

Inégalités : le débat reste inégal

La répartition des richesses est redevenue une grande question intellectuelle. Encore faudrait-il réellement interroger à cette aune le capitalisme.

Négligée dans les années 1980 et 1990, la question des inégalités revient en force, depuis une décennie, sur la scène économique, sociale et politique. On l'a vu, à l'automne 2011, avec le mouvement Occupy Wall Street et son slogan des « 99 % contre le 1 % » (de super-riches), puis, en 2013-2014, avec le phénoménal succès planétaire du Capital au XXIe siècle (Le Seuil) de Thomas Piketty. L'indignation morale n'explique pas tout : alors que triomphait jadis la fable du « ruissellement » (la prospérité des riches rejaillissant forcément, via leurs investissements, sur tous), l'explosion des inégalités passe de plus en plus aujourd'hui, aux yeux des économistes, pour la cause de la crise. Les riches consommant proportionnellement moins de leurs revenus que les pauvres, cela expliquerait la faiblesse de la demande, donc le recours au crédit et le krach de 2008, puis cette « Grande Récession » dont nous n'arrivons toujours pas à nous extraire. Même les grands patrons s' ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article