Immortaliser en assassinant

Immortaliser en assassinant

Si Saint-Simon dévalorise en apparence le Grand Siècle, il le rend aussi inoubliable : l'intensité de ses rages est à la mesure de la vitalité qui l'entoure.

Saint-Simon est régulièrement accusé d'avoir voulu démolir pour la postérité l'image resplendissante du Grand Siècle, son oeuvre apparaissant comme un reflet négatif du Siècle de Louis XIV, écrit par Voltaire dans les mêmes années, qui idéalise au contraire le grand roi et fait de son règne un des âges d'or de l'« esprit humain ». Adolphe Chéruel - relayé au siècle suivant par François Bluche - s'indigne, dans sa grande somme, Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV 1865, de ce que le mémorialiste ait comme ignoré le rayonnement extraordinaire des arts et des lettres dans la période qu'il raconte, et se soit acharné sur tous les aspects négatifs d'une politique dont sa dignité chérie de duc et de pair faisait les frais. Saint-Simon cite bien La Fontaine ou Mme de Sévigné, mais de manière comme routinière au moment de leur mort, et sans s'extasier. Bossuet et Fénelon aussi, qui ne semblent pas l'intéresser comme écrivains, plutôt comme les acteurs majeurs de la querelle du ...

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« La Filiale »,Sergueï Dovlatov, traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs (éd. La Baconnière)

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