Ils nous l'avaient bien dit !

Ils nous l'avaient bien dit !

Nombre d'auteurs ont tiré sur la corde postapocalyptique mais ont aussi élaboré des mondes d'après, qui pourraient servir de modèles à celui que nous sommes à présent sommés d'inventer.

« Après l'épidémie, les Français rêvent d'un autre monde », titrait Libération le 31 mars dernier. Espérons qu'il sera plus rose que les lendemains lugubres imaginés par la plupart des auteurs de science-fiction. Née avec la révolution industrielle et sa foi aveugle dans le progrès universel, comme du reste ses cousines roturières les littératures policières et d'espionnage, la science-fiction a quelque chose d'indécrottablement pessimiste, nous apprend le sociologue Luc Boltanski dans Énigmes et complots, un essai paru en 2012. C'est Mary Shelley qui, dès 1818, conspue le scientisme triomphant de l'homme occidental en mettant en scène la tentative avortée du savant Victor Frankenstein de créer un être vivant. Un siècle plus tard, la rengaine rationaliste ravalant le « non-civilisé » à l'état de « sauvage » est raillée une fois de plus dans Le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley, satire glaçante d'un futur hyperconsumériste anesthésié par le soma, un puiss ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

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