Il faut lire et interpréter tout Heidegger

Il faut lire et interpréter tout Heidegger

Bien avant la parution des Cahiers noirs, de nombreux passages nauséabonds de l'oeuvre étaient accessibles et pouvaient être traduits. Il est inconcevable de continuer en 2017 à se laisser mystifier par les stratégies éditoriales de leur auteur.

Faire un sort à Heidegger en philosophie commencerait déjà par s'interdire tout tri commode en amont des oeuvres qu'on jugerait autorisées et de celles qui seraient, par ailleurs, maudites. Des interprètes souhaitant coûte que coûte sauver leur héros cherchent en effet à créer une espèce de ligne Maginot herméneutique : ils passent tout simplement à la trappe tous les textes qui pourraient déranger leurs interprétations, faisant de cet auteur « le plus grand penseur du XXe siècle » ; or, à l'heure où les publications sulfureuses paraissent au compte-gouttes, il semble au contraire nécessaire de lire toutes les publications, entendu que le penseur a bien intégré ses textes les plus dérangeants à sa fameuse Gesamtausgabe, aux côtés d'Être et Temps ou de Kant et le problème de la métaphysique. Ainsi du tome 69, dont l'éditeur (Peter Trawny, celui-là même qui en a fait la révélation dernièrement !) a enlevé un passage crucial pour comprendre le manich ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard