Pour Liza Minelli et Bob Dylan qui l'admiraient, Charles Aznavour incarnait le music-hall parisien

Pour Liza Minelli et Bob Dylan qui l'admiraient, Charles Aznavour incarnait le music-hall parisien

Pour Yves Bigot, directeur général de TV5 Monde et critique musical, Charles Aznavour, ce géant de la chanson française, a été un inlassable promoteur du français. Le chanteur devait accompagner Emmanuel Macron les 11 et 12 octobre à Erevan en Arménie pour le Sommet de la Francophonie.

Charles Aznavour est mort lundi 1er octobre. Les hommages se multiplient en France mais également à l'étranger. Pourquoi cet écho international ? 

Charles Aznavour était le dernier des géants de la chanson française d'après-guerre. Il était aussi le dernier, après Edith Piaf, auprès de laquelle il avait débuté, à connaître une véritable carrière internationale, notamment en Grande-Bretagne où il fut numero 1 en 1974 avec « She » (que reprendra Elvis Costello) et aux Etats-Unis où « Hier Encore » est devenu un standard, chanté par Elvis Presley, Tony Bennett, Shirley Bassey, Roy Clark et bien d'autres sous le titre « Yesterday When I Was Young ». Pour les Américains qui l'admiraient de Liza Minelli à Bob Dylan, il incarnait le music hall parisien, la chanson…

Charles Aznavour disait que son pays était la langue française. Quel était son apport à la francophonie (dont TV5 est l'un des acteurs importants) ?

Il était né à Paris et écrivait le français avec une précision, une musicalité rare, et toute la technique de la poésie. Sur scène, il incarnait les personnages des histoires que racontaient ses chansons, souvent sur des thématiques sociales, comme « Mourir d'aimer » (à propos du suicide de Gabrielle Russier), « Comme ils disent » (le premier tube sur l'homosexualité), « Les Immigrants » avec laquelle il avait ouvert il y a trois ans son concert à Erevan, en Arménie, pour la Conférence ministérielle de la francophonie. Le 11 octobre prochain, il devait d'ailleurs se produire à nouveau à Erevan pour le sommet des chefs d'États francophones. Il était depuis une quinzaine d'année ambassadeur pour l'Arménie, son pays d'origine dont il ne parlait quasiment pas la langue.

 

Critique musical, journaliste et producteur, Yves Bigot est directeur général de TV5 monde. Auteur de nombreux livres, il a publié en 2016 Je t’aime moi non plus – Les amours de la chanson française (Don Quichotte).

Photo : Charles Aznavour © BERND VON JUTRCZENKA/AFP

Nos livres

Ceux qui restent, Benoît Coquard, La Découverte, 280 p., 19 €.

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