Le caban de Philippe Lançon

Le caban de Philippe Lançon

Le Lambeau, où le journaliste et écrivain raconte l'attentat de Charlie Hebdo et sa convalescence, est devenu, si suffocant soit-il, un phénomène de librairie, vendu à quelque 100 000 exemplaires. Une collègue et amie en reparle à tête reposée avec son auteur et se souvient aussi de l'homme « d'avant », à la fois toujours là et envolé.

on le trouve toujours en haut de ce vieil immeuble parisien qui sent le salpêtre, ce dear Philippe. On grimpe par un escalier en bois jusqu'à un palier débordant de livres en tours branlantes, cité de papier où chacun est invité à se servir. C'est à l'intérieur que tout a changé. Lorsqu'il ouvre la porte de sa maison, rien n'est plus pareil. Et rien n'est si différent. La cellule foutraque du Lançon d'hier a disparu, avalée dans une faille le 7 janvier 2015 vers 11 h 27. Tout est blanc et frais. Fini le fouillis de livres entassés par milliers, n'importe comment et partout. Un menuisier aux doigts d'or les a domestiqués, déployant sur toute la largeur du bâtiment une bibliothèque en bouleau souple comme une étreinte fraternelle, chaque livre pareil à « un ami silencieux prêt à servir ». Ils ne sont pas seuls à veiller sur le Philippe. En face, le lit-bateau est surplombé par le regard appuyé d'une enfant au milieu d'un champ de fleurs, à Cuba, qui se détache sur le ...

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