Retour de flamme

Retour de flamme

Tir groupé de rééditions de l'écrivain italo-américain,disparu en 1983 : son ardeur et sa gouaille restent intactes.

Comme son admirateur Charles Bukowski, l'Américain John Fante n'a pas attendu l'invention du label autofiction pour en écrire. Caché derrière le pseudonyme d'Arturo Bandini, si transparent qu'on n'y croit pas un instant, l'écrivain a mis toute sa vie dans ses romans. L'extrême violence et la sublime dualité des sentiments qui animent le jeune narrateur de Bandini lui appartiennent aussi. Comme le père de l'auteur, celui d'Arturo, Svevo Bandini, est un maçon qui préfère la bouteille à la truelle, délaisse sa famiglia ou vocifère au moindre prétexte - tel son fils. C'est que, au grand désespoir de la mamma confite en dévotion, Arturo a le diable au corps ! S'il lui arrive d'aller se confesser, c'est qu'il est convaincu que cela lui évitera l'enfer, quel que soit le péché commis. Sa théologie puérile est hilarante : il pense gruger Dieu comme son institutrice à l'oeil de verre, comme tout le monde, en fait.

Tout est dualité chez Arturo : il aime à la folie une fille dont il peut souhaiter la mort, aime ses parents autant qu'il dénigre leurs manières de rustres immigrés italiens, se rêve en acteur WASP et se pare parfois d'une cape de justicier social, un peu pathétique, pour magnifier son vécu misérable, voire faire triompher la misère vertueuse sur l'opulence crasse. La tendresse et la colère coexistent toujours chez John Fante. On retrouve ce subtil mélange dans Demande à la poussière, La R oute de Los Angeles, Rêves de Bunker Hill, que rééditent également les éditions 10/18.

BANDINI, John Fante, traduit de l'anglais (États-Unis) par Brice Matthieussent, éd. 10/18, 272 p., 7,10 E.

Photo : John Fante © DR

Lecture et rencontre

Les éditions 10/18 et la Maison de la Poésie de Paris vous proposent une soirée autour de l'œuvre de John Fante, le lundi 10 septembre à 19h, organisée en partenariat avec Le Nouveau Magazine littéraire. La rencontre sera animée par Pierre-Edouard Peillon, avec Brice Matthieussent, traducteur de John Fante, et Thibault de Montalembert, acteur et metteur en scène.

Retrouvez plus d'informations sur cet événement sur le site de la Maison de la Poésie.