L'homme post-68, m'enfin, c'est lui !

L'homme post-68, m'enfin, c'est lui !

Écologiste, allergique à l'autorité et à l'effort « rentable »... Né en 1957, le personnage de Franquin concentre tous les partis pris défendus onze ans plus tard en Mai 68. Et inspire un film, à l'affiche le 4 avril.

Et si c'était lui, l'homme d'après 68 le plus abouti, le modèle tant recherché de l'être post-patriarcal, post-spéciste, post-productiviste ? Né onze ans avant Mai dans le cerveau du dessinateur Franquin, Gaston Lagaffe n’est pas seulement, comme le lui crie un jour Prunelle, « le garçon de bureau le plus mauvais du monde ». Comme son grand frère Bartelby – dont le « I’ d prefer not to » préfigure le « M'enfin » lagaffien –, Gaston est un manifeste vivant. Mais sait-il lui-même de quoi ? S'il y a bien une pensée, une éthique, et même une sexualité lagafienne perceptibles, les albums n'en montrent que la surface : les répliques, gestes, inventions inspirées par cette pensée. C'est donc de là qu'il faut partir pour retrouver, enfouis sous les cases, les ferments d'une hypothétique philosophie de Lagaffe.

 

Gaston ou l'homme post-spéciste.

Gaston vit entouré d'animaux : outre la mouette rieuse et le chat dingue, on le croise en compag ...

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