Femmes tunisiennes, la lutte continue

Femmes tunisiennes, la lutte continue

On ne donne pas la parole aux femmes tunisiennes, elles s’en emparent. Parfois avec gravité, souvent avec humour et toujours avec passion !
Par Alain Scemama.

La première du cycle de conférences organisé par le groupe Challenges-Sophia Publications (auquel appartient Le Nouveau Magazine Littéraire) dans la perspective du Sommet de la Francophonie de Tunis 2020,  s’est déroulée le 16 avril à l’Institut Français de Tunisie (IFT).

Comme le soulignait Olivier Poivre d’Arvor, Ambassadeur de France à Tunis, quoi de plus naturel que de consacrer ce débat au thème emblématique des femmes tunisiennes et de leur rapport à Bourguiba, premier Président de la Tunisie indépendante et l’un des pères fondateurs de la Francophonie dans le monde.

Un plateau d’intervenantes de haut niveau réuni par Le Nouveau Magazine Littéraire, avec des personnalités aux parcours très différents les uns des autres… 

Mais aussi avec beaucoup de points communs! A commencer par l’amour immense que porte ces femmes à leur pays et à Bourguiba, premier Président de la jeune nation tunisienne en 1956.

 

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Celui-ci a tant œuvré pour l’émancipation des femmes en leur accordant lestatut personnel, l’abolition de la polygamie, le droit de vote, le planning familial, etc…

Najet Fakhfakh, Bochra Belhadj Hamida, Dalenda Largueche, Alya Menchari…Elles sont romancière, députée, universitaire, première femme commandant de bord en Afrique…Toutes des combattantes qui ont conscience du chemin parcouru depuis plus de soixante ans …Mais aussi de la vigilance à maintenir afin de préserver les acquis et des nouvelles luttes à mener.

La conscience du chemin parcouru quand il s’agit de rendre un hommage, certes lucide et exigeant mais toujours plein de reconnaissance aux initiatives de Bourguiba dans les années 60/70.

La vigilance quand en août 2013, il a fallu que les femmes tunisiennes descendent massivement dans la rue pour défendre leur statut personnel alors attaqué …Et elles ont fait reculer le pouvoir en place à cette période cruciale de l’après Ben Ali !

Les nouvelles luttes à entreprendre comme celle de la loi sur  l’égalité homme – femme devant l’héritage que porte actuellement la députée Bochra Belhadj Hamida… 

C’est tout ceci qui a été illustré tout au long de la soirée par ces quatre femmes admirables, s’exprimant avec force et conviction…Leurs anecdotes souvent drôles, émouvantes ont interpellé l’assistance majoritairement féminine et inter générationnelle.

Le débat se termina d’ailleurs par un échange magnifique  entre deux jeunes femmes d’à peine vingt ans et leurs aînées à la tribune…
Les jeunes leur rendant hommage tout en les invitant à se joindre à elles afin de mener ensemble de nouveaux combats. Tout ceci exprimé avec beaucoup de tendresse, de reconnaissance et une très forte maturité politique.

Et Najet, Bochra, Dalenda et Alya, émues mais toujours aussi résolues, les assurèrent de leur soutien actif et affectif !!!

Cette soirée du 16 avril à Tunis fût un vrai beau moment d’échanges. En toute liberté. En toute clarté.

Ce petit pays d’à peine plus de dix millions d’habitants est définitivement singulier dans le contexte méditerranéen, si agité et indécis que nous connaissons. 

Les femmes tunisiennes sont en première ligne pour le défendre contre les dangers de déstabilisation qui le menacent. Elles sont non seulement conscientes de leur mission mais elles en sont fières !

 

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