Dylan et ses influences poétiques

Dylan et ses influences poétiques

Le chanteur fête ses 77 ans ce vendredi. L'occasion de revenir sur son lien étroit avec la littérature : Bob Dylan, Dylan Thomas... À commencer par le choix de son nom de scène, le chanteur a toujours rappelé son attachement aux grands poètes.

Au delà des considérations enflammées des uns et des autres, le Prix Nobel de littérature 2016 n’a pas attendu d’être récompensé par le jury suédois pour se penser en poète et être considéré comme tel. Le chanteur-parolier-musicien né en 1941 sous le nom de Robert Allan Zimmerman a d’abord nié avoir changé son nom en référence au poète gallois du XXe siècle Dylan Thomas, comme cela avait été largement suggéré. Lors d’une interview donnée en 1966, il s’en était même défendu : « Réglons ça, je n’ai pas changé mon nom en l’honneur de Dylan Thomas. C’est juste une histoire. J’ai fait plus pour Dylan Thomas, qu’il n’en a jamais fait pour moi. » Et de finalement admettre dans Chroniques, son autobiographie parue en 2004 (où l’on apprend qu’il est féru de Balzac), qu’il s’agissait bien d’un clin d’œil à son devancier, comme lui artiste de la protestation.

Rimbaud, Shakespeare, William Blake, William Butler Yeats… Les influences littéraires de Bob Dylan ont été nombreuses, comme l’a rappelé la journaliste Johanna Luyssen dans Libération : « Dylan a été influencé dès les années 1960 par la lecture du poète William Butler Yeats, auteur phare du Renouveau littéraire irlandais, et figure cruciale du romantisme », mais également par celle de Shakespeare, « partout dans l’œuvre de Dylan », notamment dans la chanson Stuck Inside Of Mobile With The Memphis Blues Again : «Well, Shakespeare’s in the alley/With his pointed shoes and his bells ». (« Shakespeare est dans l’allée, avec ses chaussures en pointe et ses clochettes ») ». Sans oublier William Blake, « le poète préromantique anglais, qui fut également illustrateur et auteur d’un célèbre poème, The Tyger, une inspiration pour Dylan, mais aussi pour Allen Ginsberg, qui inspira Dylan, qui inspira Ginsberg… »

Selon Jean-Michel Guesdon, co-auteur de Bob Dylan, la totale, qui s’est exprimé dans BibliObs, Dylan serait même un « disciple de Rimbaud », par « le surréalisme des images et la mythologie de la bohème. Notamment sur Blonde on Blonde et sur la chanson Sad Eyed Lady of the Lowlands. La force littéraire de ses textes réside aussi dans leur polysémie. Ils appellent plusieurs interprétations. Mr. Tambourine Man est à la fois une chanson sur la drogue et sur l’inspiration poétique. Dans All Along The Watchtower, il est question d’apocalypse, d’une société en dégénérescence. Au moment d’entrer en studio,  Dylan trouvait que le texte n’était pas assez puissant alors il a carrément inversé les couplets pour obtenir l’effet recherché. » Au fond, le chanteur déjà consacré par son public attendait depuis longtemps la consécration institutionnelle.

 

Photo : © Olle Lindeborg 

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