Temps morts

Temps morts

Gallimard a décidé de suspendre la parution de la revue Les Temps modernes. La fin d’une publication emblématique du XXe siècle.

Dans la France qui se libère en 1944-1945, l’heure est à la refondation générale. Les Temps modernes sont créés par Jean-Paul Sartre dans cette atmosphère. La presse tourne la page de la clandestinité : les journaux vont pulluler à l’air libre. Mais le papier reste contingenté, attribué par le ministère de l’Information, qui octroie aussi les autorisations de paraître après réception d’un questionnaire sur l’attitude des rédacteurs sous l’Occupation. Côté revues, il y a deux absentes, interdites, La NRF, fleuron d’une littérature pure, et l’académique Revue des Deux Mondes. Écrivains, intellectuels et éditeurs cherchent à reconstituer des groupes et à créer de nouvelles tribunes. Dès septembre 1944, Georges Bataille, Albert Camus, André Malraux, Brice Parain avaient été approchés ou avaient assisté à des réunions d’un comité de rédaction embryonnaire autour de Sartre. « L’existentialisme est sur toutes les bouches », note Simone de Beauvoir à l’automne 1945. Le 1er ...

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« La Filiale »,Sergueï Dovlatov, traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs (éd. La Baconnière)

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