Hybris

Hybris

adieu Montesquieu, Locke et Kant !

La philosophie libérale originelle était une pensée de la limite, une quête de frontières à imposer à la toute-puissance des Églises ou des États, une volonté de séparer le judiciaire et l'exécutif, le temporel et le spirituel, le privé et le public, l'économique et le politique. Il s'agissait de saisir l'homme dans sa radicale finitude et de produire un antidote à l'hybris, la démesure qui mène les civilisations à leur perte. Or que voit-on aujourd'hui triompher sous le même nom de « libéralisme » ? Précisément l'inverse.

On voit se propager la confusion des sphères privées et publiques, les tentations monopolistiques, le refus de la finitude humaine, la volonté de toute-puissance. On voit des entreprises multinationales se jouer des lois des nations et leur imposer les leurs. On voit des groupes privés commençant à en savoir - donc à en pouvoir - plus sur chacun d'entre nous que nos États respectifs. On voit les pontes des Gafa (G ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Nos livres

À lire : « Le froid, roman en trois actes avec entractes », Andreï Guelassimov, traduit du russe par Polina Petrouchina, éd. Actes Sud

Offrez un abonnement au Nouveau Magazine littéraire

Supplément web

Chaque numéro du Nouveau Magazine littéraire est complété d'articles en accès libre à lire sur ce site internet. 

DÉCEMBRE :

► Entretien avec David Djaïz, auteur de Slow Démocratie (Allary) : complément de la brève « La place de la nation »

NOVEMBRE :

 Dominique Bourg contre le « fondamentalisme de marché » : complément de l'article « Réchauffement politique »

► Version longue de l'entretien avec Yann Algan : le co-auteur de l'essai Les Origines du populisme analyse la montée de la défiance envers les institutions dans notre dossier « Cas de confiance »

► Paradoxale promesse : critique du dernier essai de Vincent Peillon