Huzar, l'as du désastre

Huzar, l'as du désastre

Aujourd'hui oublié, Eugène Huzar a durablement marqué les esprits en annonçant « la fin du monde par la science », du titre de son livre de 1855. Bien des écrivains se nourriront de son catastrophisme - parmi lesquels Jules Verne et même Gustave Flaubert.

En avril 1855, à Paris, alors que la foule se presse à l'Exposition universelle pour y admirer machines et inventions, paraît un petit ouvrage au titre énigmatique : La Fin du monde par la science. L'auteur, un avocat obscur du nom d'Eugène Huzar, propose ce qui constitue vraisemblablement la première théorie du catastrophisme technologique. Le livre est un succès et, deux ans après, Huzar développe sa théorie dans L'Arbre de la science (1). Huzar possède une imagination apocalyptique débordante et une préférence pour les scénarios spectaculaires. Qui sait si en extrayant tonne après tonne de charbon on ne risque pas de déplacer le centre de gravité de la planète et de produire un basculement de son axe de rotation ? Qui sait si les canaux interocéaniques ne perturberont pas les courants maritimes, causant ainsi des inondations dévastatrices ? Son candidat préféré pour l'apocalypse reste hypothétique : une substance encore à découvrir capable de br ...

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