Humilié et offensé

Humilié et offensé

Qu'est-ce qu'un souvenir ? Est-ce un instant du passé que l'on se remémore, ou bien une fraction de présent subjectif, une tête d'épingle du temps sur laquelle l'être en équilibre se réinvente ? Prenons le livre vraiment extraordinaire de Yann Moix qu'est Orléans - que l'on hésite d'ailleurs à qualifier, les éditeurs dégainant à tout bout de champ le mot « roman » sans se soucier de ce que le terme signifie -, prenons les premières phrases. « Le monde rouillait. Derrière la fenêtre, c'était l'automne. L'air jaunissait. Quelque chose d'inévitable se déroulait dehors : la mort des choses. » Yann Moix se décrit ici dans son école maternelle, sa conscience flottant entre la salle de classe et la cour de l'autre côté de la fenêtre. « Dans la salle de classe, éclairée par des néons grésillants, j'éprouvais, dans la bouche, ou plus exactement au fond du palais, un goût d'amande et d'abri. Rien n'était urgent parmi les dessins, les chiffons tachés, les flacons, les pots, les pincea ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard