Disparition du romancier Dominique Noguez

Disparition du romancier Dominique Noguez

Il était l'ami intime de Houellebecq, auquel il avait consacré un essai, Houellebecq, en fait, en 2003. Romancier, il avait reçu le Prix Femina pour Amour noir en 1997. Dominique Noguez s'est éteint le 15 mars 2019 à l'âge de 76 ans. En hommage, nous publions une critique parue dans nos pages d'Une année qui commence bien, récit autobiographique qu'il publiait en 2013, ainsi qu'un article qu'il avait lui-même rédigé sur l'écrivain Milan Kundera. 

« Noguez geignant, à nu » 

Critique d'Une année qui commence bien, par Pierre-Édouard Peillon (n°537, novembre 2013)

Célèbre pour son humour, Dominique Noguez n'a cette fois-ci pas envie d'être drôle. Ce n'est pas que la plaisanterie soit l'ennemie du sérieux - l'auteur d'Ouverture des veines et autres distractions et de La Véritable Histoire du football et autres révélations l'a déjà prouvé -, mais elle suppose tout de même une forme de légèreté qui colle mal à l'ambition d'Une année qui commence bien. Dès la deuxième phrase, l'écrivain leste ses intentions d'un mot : « sincérité ». Projet longuement mûri, ce livre a tout du fruit qui se décroche de sa branche et dont la chute est, paradoxalement, une libération : dans ce récit autobiographique, Dominique Noguez revient, « sans aucune altération du vécu », sur sa tumultueuse relation avec Cyril Durieux, tout en sachant que « raconter sa vie ce n'est pas seulement, comme dit Martial, vivere bis, vivre deux fois, c'est vivre la deuxième fois, un peu moins sot ».

Lire la critique intégrale, par Pierre-Édouard Peillon. 

« Une théorie en acte »

Sur l'écrivain Milan Kundera, par Dominique Noguez (n°507, avril 2011)

Milan Kundera n'a pas encore le Nobel, mais le voici dans La Pléiade - et de son vivant, circonstance amplifiante, puisque c'est, comme on sait, un privilège réservé jusqu'ici à une poignée d'écrivains, dont Gide, Malraux, Martin du Gard, Montherlant, Gracq, Ionesco, Sarraute, Borges ou Sartre, ces deux derniers morts trop tôt pour voir terminés les volumes qui leur étaient consacrés.

Une question vient donc logiquement à l'esprit : qu'est-ce qui apparente Kundera à - si j'ose dire - cette pléiade de pléiadisés ? À mon sens, ceci : c'est un écrivain, et des plus grands, mais aussi, comme chacun de ceux que je viens de nommer, un « métaécrivain », c'est-à-dire quelqu'un qui a réfléchi de façon aiguë à sa propre pratique. Et non seulement aiguë, mais tournée vers autrui.

Lire l'article intégral, par Dominique Noguez. 

 

Photo : © Pierre Verdy / AFP

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