Histoires de l'oeil

Histoires de l'oeil

Pasolini a présenté Salò comme « l'abjuration » des trois films érotiques qui l'ont précédé. L'ensemble apparaît pourtant moins antagoniste que complémentaire et esquisse une philosophie du voyeurisme.

L'« Abjuration de "La Trilogie de la vie" » est un texte particulier : il paraît avec les scénarios de « La Trilogie » même, mais il les précède et les renie, déclaration où Pasolini éloigne de lui ses dernières années de travail, de 1970 à 1974. Une confession contre son temps présent, mais aussi contre son propre passé. Si « La Trilogie » était aussi une archéologie des mondes passés à la recherche de traces de la vitalité et de la corporalité (au Moyen Âge, au début de l'humanisme et dans l'Orient primitif), l'« Abjuration » déclare que les corps du présent sont corrompus et donc, implicitement, qu'étaient corrompus aussi ceux des époques passées. Seule une illusion d'optique, une sorte de regard presbyte, offrait l'illusion d'un passé encore « pur » par rapport à un présent irrémédiablement « impur ». Les corps que Pasolini avait mis tout son soin et son application à rechercher - à Naples, dans la province anglaise, en Éthiopie - offraient une image déformée de la survivance du ...

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