Les œuvres de Romain Gary accueillies par la Pléiade

Les œuvres de Romain Gary accueillies par la Pléiade

Lire Romain Gary, mais aussi l'enseigner : à l'occasion de l'entrée de l'auteur dans la Pléiade ce jeudi 16 mai, nous publions en accès libre deux articles qui reviennent sur son parcours et sa postérité dans les salles de classe des lycées. 

Romain Gary ou l'invention de soi 

Critique de Romain Gary, le caméléon par Bernard Fauconnier (n°429, mars 2004)

A la fin des années soixante-dix, rue du Bac, on pouvait croiser Romain Gary, vêtu de tenues extravagantes, capes, pantalons de cuir, bottes et grands chapeaux, le regard bleu abîmé dans la contemplation des jolies femmes, achevant de construire sa légende. Les petits marquis et les apparatchiks des lettres éperdus d'avant-gardisme le disaient fini, vieille baderne gaulliste vaguement pittoresque, Résistance et diplomatie, empoussiéré dans les honneurs, juché sur une oeuvre surestimée que la critique ne recensait plus qu'avec des soupirs consternés sans toujours prendre la peine de la lire. En réalité, il venait de remporter un second prix Goncourt sous le pseudonyme d'Emile Ajar, bernant, roulant comme merlans en farine jurys et critiques : drôlatique farce sur le vif que cette affaire Ajar, comédie française ourdie par un « métèque », demi-juif passionnément français, et apothéose d'une vie de masques. Gary, le caméléon. Myriam Anissimov traque les vérités successives, contradictoires, vertigineuses, de ce dépressif chronique, de cet érotomane flamboyant, lourd d'une enfance et d'une jeunesse qu'il cherche à dissimuler, dans les mille pages de son imposante biographie.

Lire la critique de Romain Gary, le caméléon par Bernard Fauconnier.

« J'aime pas les livres, mais j'aime bien Gary »

Rencontre avec des lycéens, par Anne Morange (n°577, mars 2017)

« On faisait du Gary. On adorait... » C'est en ces termes que d'anciens élèves de première littéraire reparlaient, tout récemment encore, de leur préparation au baccalauréat en 2001, au lycée Van der Meersch de Roubaix. Un tel enthousiasme n'aurait pas déplu à l'auteur de Vie et mort d'Émile Ajar : on y saisit combien il se réjouissait des échanges sur ses livres au lycée, entre son fils et un camarade de classe. L'oeuvre, en 2017, intéresse toujours les lycéens.

Il y a seize ans, le nouveau siècle commençait très mal : les élèves étaient désemparés face à un avenir qui devait compter avec le terrorisme. Rien n'a changé. L'auteur de La Promesse de l'aube garde la voix consolatrice des grands auteurs et le poing levé des contestataires qui écrivent. « Le monde devient monstrueux ; [...] chez Gary, je trouve beaucoup de douceur ; il fait croire que c'est encore possible », confie Émeline.

Lire l'article intégral par Anne Morange. 

 

Photo : © STRINGER/AFP

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