Henri-Frédéric Blanc*

Henri-Frédéric Blanc*

"le pire est né de la Grande Guerre"

«Enfant, je jouais avec le fauteuil roulant de mon grand-père qui a « fait » Verdun à 19 ans. Je comprends maintenant pourquoi il n'en parlait jamais : il ne faut pas désespérer l'humanité de l'humanité. Je crois que l'Europe est encore hantée par ce silence de mort, nous avons grandi à l'ombre de ce sinistre tabou que fut l'extermination de 14. Il y a eu pire depuis, certes, mais ce pire est né de « la Grande Guerre » qui fabriqua une génération de psychopathes et fut l'université des nazis. Ils y puisèrent leur mépris et le sentiment que l'homme n'est que de la viande.

Mon approche est très documentée mais j'ai aussi traité la guerre de 14 comme une métaphore du progrès : l'outil qui asservit son possesseur, la technique qui se joue de l'humain et s'approprie la vie. Nous y sommes ! Quand tout sera chiffré, l'amour ne vaudra plus rien, quand tout sera programmé ce sera le chaos dans les têtes. La paix régnera, oui, mais nous aurons intériorisé l ...

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NOVEMBRE :

 Dominique Bourg contre le « fondamentalisme de marché » : complément de l'article « Réchauffement politique »

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