Heidegger en toutes lettres

Heidegger en toutes lettres

Les correspondances de Heidegger avec Karl Jaspers et Elisabeth Blochmann nous éclairent à la fois sur l'atmosphère de la République de Weimar et la solitude vécue par le philosophe.

Rassemblées en un même volume et remarquablement traduites, les correspondances Heidegger-Jaspers 1920-1963 et Heidegger-Elisabeth Blochmann 1920-1969 comblent bien des lacunes. Elles permettent d'entendre la voix même du philosophe périodiquement couverte par celles de ses biographes qui se transmettent, dans la foulée, leurs interprétations et leurs erreurs. La première nous dévoile le naufrage d'un dialogue à ce point impossible qu'il en devient pathétique et se perd dans l'irréalité. La seconde, émaillée de confidences, est marquée par la tendresse et l'amitié. Toutes deux nous éclairent sur l'atmosphère de la République de Weimar, la déliquescence de l'université allemande, le rôle des factions et du Zentrum Catholique, la mise en place du national-socialisme. Mais aussi sur le tournant philosophique de Heidegger, les illusions de son rectorat, sa solitude. En 1932 il écrit à Karl Jaspers : « Je suis unanimement récusé sur toute la ligne de ce qui se prétend "philosophique". Le ...

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