Harpagon

Harpagon

Il a le vice dans son nom, mais le vieil avare de Molière paraît bien inoffensif à côté des rapaces du CAC 40.

Si une rapide enquête convainc que les harpagons sont plus fréquents dans la vie courante que dans les pages des livres, et plus repérables chez les éditeurs que chez les auteurs, c'est sans doute parce que l'art littéraire est, comme tous les arts, dilapidateur de mots « pour rien », dispensateur d'univers surnuméraires infinis, bref, aussi gratuit que le langage lui-même. Après tout, Harpagon étant sans doute le seul anthroponyme en « prise directe » avec l'un des sept péchés capitaux, son personnage témoigne à rebours, par la rareté de ses homologues dans la littérature, que cette dernière appartient plutôt au Paradis qu'à l'Enfer.

En vérité, le coup de génie de Molière n'est pas tant d'avoir créé un archétype que d'avoir étymologiquement enraciné son vice dans son nom, via le latin harpago grappin, crochet et harpax rapace. Aussi, nos amis québécois ont beau qualifier le même gredin de « séraphin » du personnage Séraphin Poudrier créé en 1933 par Claude-Henri Grignon dans ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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